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Oeuvres Poétiques de Théodore de Banville

[1842]
Les Cariatides
Bien souvent je revois...
[1846]
Les Stalactiles
La Muse
[1856]
Odelettes
Loisir
[1857]
Les Odes funambules-
ques

Le saut du tremplin
Le Sang de la coupe
L'Invincible
[1863]
Améthystes
Les Baisers
[1867]
Les Exilés
L'Éxil des Dieux
[1869]
Occidentales
La Satyresse
[1871]
Idylles prussiennes
Le Cavalier
[1873]
Trente-six ballades joyeuses
[I] Ballade de ses regrets...
[1874]
Les Princesses
Les Princesses
[1875]
Rondels
[I] Le Jour
Rimes dorées
L'aube romantique
[1878]
Roses de Noël
Le ruisseau
[1884]
Nous Tous
[I] Misère
[1888]
Sonnailles et clochettes
A Catulle Mendès
[1892]
Dans la fournaise
L'Enfant



   
Oeuvres de poètes francophones du XIIe au XXe siècles
 
Théodore de Banville
Théodore de Banville, photographié par Goupil (détail)

[1823] - [1891]
Théodore de Banville

«Sans la justesse de l'expression, pas de poésie.»
Théodore de Banville, Petit Traité de poésie française.

Né à Moulins, en 1823, venu à Paris dans son enfance, Théodore de Banville se passionne très jeune pour le spectacle et pour la poésie.
Avant vingt ans, il publie son premier recueil de vers «Les Cariatides», salué par Charles Baudelaire; il y manifeste déjà un talent sûr qui relève d’une conception de la poésie dont il ne se départira jamais.
S’opposant vigoureusement à la nouvelle poésie réaliste, il professe un amour exclusif de la beauté: Les Cariatides (1842) ainsi que «Les Stalactites» (1846) sont l’expression de cet art. Selon lui, la poésie est d’abord affaire de langage, l’émotion et le sentiment ne pouvant naître que du travail sur le style, les mots, les mètres et les rimes. Il veut obtenir une forme parfaite et se compare volontiers au sculpteur qui lentement découvre, après bien des hésitations, le geste, le mouvement qui, de surcroît, se trouvera être l’expression d’un sentiment. Il refuse le lyrisme facile et larmoyant d’un bas romantisme effusif et emphatique; comme nombre de romantiques entre 1850 et 1870, il met l’accent sur les exigences de la technique pour réagir contre ce qu’on peut considérer comme une trahison de l’originalité romantique. Aux brumes nordiques il préfère la netteté grecque et se désigne comme un précurseur du Parnasse, tant par ses thèmes que par sa foi en la pureté formelle de l’acte poétique.
Encouragé par Victor Hugo et par Théophile Gautier, il se consacre à la poésie, fréquente les milieux littéraires les plus anticonformistes et se lie d’une solide amitié avec Baudelaire, avec lequel il partage le mépris d’une certaine poésie officielle et commerciale, adversaire résolu qu'il est de la nouvelle poésie réaliste et ennemi de la dérive larmoyante du romantisme. Ses «Odelettes» et ses «Odes funambulesques» (1857) lui apportent la consécration et marquent une évolution vers plus de souplesse et de charme.
Il collabore aussi comme critique dramatique et chroniqueur littéraire aux journaux le Pouvoir (1850) puis le National (1869) et devient une figure très importante du monde littéraire. il est le membre le plus écouté de la Revue fantaisiste (1861), où se retrouvent les poètes qui seront à l’origine du Parnasse et de tous les mouvements du siècle. Banville aura une influence déterminante sur des auteurs aussi différents que Mallarmé, Leconte de Lisle, Verlaine, François Coppée, Catulle Mendès, qu’il recevait régulièrement chez lui.
Dans le même temps, il gagne en simplicité dans «Les Exilés» (1867) ou «Les Occidentales» (1869). Mais il se détourne peu à peu de la poésie à la suite d’un violent désaccord avec le symbolisme. Il ressuscite de vieilles formes héritées du Moyen Âge, il rédige ses souvenirs dans l'Âme de Paris, puis dans Mes souvenirs (1882) et écrit des contes rassemblés dans Madame Robert (1887).
Pour la scène, il compose des pièces en vers pour un théâtre réaliste. C’est néanmoins en prose qu’il donne sa meilleure œuvre pour la scène avec Gringoire (1866), comédie historique, dédiée à Victor Hugo qui avait mis en scène un jeune poète (plus imaginaire que réel), dans Notre-Dame de Paris: héros de cette courte pièce, il témoigne bien plus d’un lyrisme «engagé» que d’une gratuité esthétique de la forme: malgré son influence sur les parnassiens, Banville ne renie pas son romantisme foncier. Mais, déjà, il semble que son heure soit passée, et ses efforts pour se mettre à l’école de ses anciens disciples ne sont couronnés d’aucun succès.
Il est assurément, de tous les poètes du XIXe siècle, celui qui a le plus joué avec toutes les richesses de la poésie française, et le reproche qu’on lui a fait d’avoir manqué de sensibilité et d’imagination devrait s’effacer si l’on considère la perfection et le charme de ses vers, le bonheur et les trouvailles de ses évocations, l’influence enfin tout à fait salutaire qu’il a eu sur les poètes en les dégageant radicalement de la sensiblerie mièvre qui survivait au véritable romantisme.


 
Mise à Jour de la page le 11/2001
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