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Oeuvres Poétiques de Charles Baudelaire

[1857-1868]
Les fleurs du mal
[1857]
Télécharger l'Oeuvre complète au format PDF Bribes
[1861]
Télécharger l'Oeuvre complète au format PDF Spleen et Idéal
Télécharger l'Oeuvre complète au format PDF Tableaux Parisiens, Le Vin
Télécharger l'Oeuvre complète au format PDF Fleurs du mal, Révolte, La Mort
[Édition 1868]
Télécharger l'Oeuvre complète au format PDF Poèmes apportés
Télécharger l'Oeuvre complète au format PDF Les Épaves
[1862]
Petits poèmes en prose OU
Télécharger l'Oeuvre complète au format PDF Le Spleen de Paris



   
Oeuvres de poètes francophones du XIIe au XXe siècles
 
Charles Baudelaire
Charles Baudelaire, Photographié par Nadar.

[1821] - [1867]
Charles Baudelaire

«Il n'existe que trois êtres respectables : le prêtre, le guerrier, le poète. Savoir, tuer et créer.»
Charles Baudelaire, Mon coeur mis à nu.

Né à Paris le 9 avril 1821, issu d'un milieu bourgeois cultivé et raffiné, Baudelaire vit une enfance heureuse. Mais la mort de son père, en 1827, qui le rend orphelin à six ans, et le rapide remariage, en 1828, de sa mère avec un militaire, le commandant Aupick, qu'il détestera durablement, sont vécus comme un double drame.
Après des études secondaires parfois agitées, à Lyon, puis au lycée Louis-le-Grand, à Paris, il se destine, en 1839, à des études de droit... C'est alors qu'il se brouille avec son beau-père, inquiet de ses fréquentations: le jeune homme se plaît surtout dans le milieu bohème et marginal des artistes et des prostituées, et cède aux tentations de la vie ardente et dissolue de la bohème romantique du Quartier Latin.
Encouragé par sa famille, qui voit d'un bon oeil cet éloignement des lieux de «perdition» parisiens, il embarque en 1841 sur un paquebot à destination des côtes d'Afrique et de l'Orient. Durant son séjour à l'île Bourbon (aujourd'hui îles de la Réunion), il fait provision d'une collection d'images et d'impressions «exotiques» qui marqueront durablement sa poésie, dont il rédige, au retour, les premiers textes. Le voyageur abrège donc son périple après un séjour dans les îles de l'Océan Indien, après un séjour à l'île Maurice et à la Réunion. Sa part d'héritage lui permettant d'être autonome. Il rompt alors avec sa famille.
De retour à Paris, il mène une vie de dandy: dépenses multiples et tapageuses, apparence vestimentaire facilement provocante, refus de la morale bourgeoise. Au même moment il se lie et s'éprend, à Paris, de l'actrice Jeanne Duval, une mulâtresse dont le corps sensuel devient le «conservatoire» – en dépit d'une liaison parfois tapageuse – des souvenirs du splendide «ailleurs» entrevu aux îles.
Mais en 1844, sa famille, indignée de sa vie de «débauche», et inquiète de voir son héritage rapidement dilapidé, lui impose un conseil de tutelle qui le prive de la jouissance immédiate de l'héritage paternel. Obligé de travailler pour vivre, Baudelaire se fait journaliste, critique d'art et critique littéraire et se fait connaître par les Salons de 1845 à 1846, et surtout découvre avec enthousiasme l'écrivain Edgar Poe dont il fait connaître l'oeuvre en France par ses premières traductions.
Aussi ses premiers textes seront-ils consacrés à la critique d'art. Pour Baudelaire en effet, poésie et esthétique sont indissociables: sa quête s'oriente vers une poésie universelle dont la poésie verbale n'est qu'une des manifestations. Sa vie est alors très mouvementée. Sa vie affective est alors dominée par trois femmes: Jeanne Duval, Marie Daubrun et Madame Sabatier. Il participe aux émeutes de 1848 et tente de se suicider.
Dans ces «épreuves» qui préludent à ses productions de poète, il se forge peu à peu une conscience esthétique, par la fréquentation des génies du siècle, qu'il contribue à faire découvrir ou reconnaître (Victor Hugo, Delacroix, Courbet et plus tard Manet et Wagner). Le mot de «modernité» devient ainsi l'emblème de sa propre poétique.
En 1857, il fait paraître les «Fleurs du mal», recueil regroupant des poèmes écrits et publiés dans des revues depuis quinze ans et accompagnés d'inédits récents. Mais sa publication est rapidement suivie d'une condamnation, les poèmes de ce recueil étant perçus comme libertins et provocateurs et le conduisent, lui et son éditeur, à une condamnation pour «offense à la morale publique et aux bonnes moeurs». Attaqué en justice en même temps que Madame Bovary, son livre est condamné pour "immoralité" et expurgé de plusieurs pièces.
Très affecté par cet échec, il se juge incompris. Il compose alors d'autres poèmes inspirés notamment par Marie Daubrun et Mme Sabatier. Sa réflexion esthétique se complète aussi: s'y expriment ses refus de l'utilitarisme, du naturel, son admiration pour Delacroix et Constantin Guys. Il y définit les critères du beau et la fonction du poète «déchiffreur» de symboles et découvreur d'un monde caché «sur-naturaliste», dans la tradition platonicienne: cette alchimie poétique s'exprime dans l'affirmation: «Tu m'as donné ta boue et j'en ai fait de l'or.»
Malgré sa déception, Baudelaire continue les Salons et rédige des articles de critique littéraire. Délabrement physique et douloureuse quête spirituelle caractérisée par un perpétuel écartèlement entre Dieu et Satan, l'Idéal et le Spleen. À la recherche de la perfection formelle, car le verbe poétique permet de transmuter la réalité, il compose, en s'inspirant d'Aloysius Bertrand, des poèmes en prose consacrés aux rencontres insolites de la ville. Intitulé «Spleen de Paris» (1862), ce recueil est publié de manière posthume en 1869 après sa mort. Il s'interroge aussi sur la drogue («Poème du haschich», 1858; les «paradis artificiels», 1860), propose une deuxième édition enrichie des Fleurs du mal en 1862, et poursuit la traduction d'Edgar Poe jusqu'en 1864 (date des dernières traductions). L'existence de Baudelaire continue à être rythmée par la souffrance.
Miné depuis longtemps par la syphilis, Baudelaire s'enfonce petit à petit dans la maladie et la misère. Épuisé par les névralgies et les vertiges, le poids des dettes s'ajoutant aux souffrances morales, il met ses espoirs dans une tournée de conférences en Belgique et tente ainsi une expatriation en Belgique, de 1864 à 1866, mais n'y connaît aucun succès. C'est là, en 1866, qu'il est frappé, à Namur, d'un grave malaise qui le laissera paralysé et aphasique.
De retour en France, il meurt le 31 août 1867, paralysé et privé de la parole, muré dans son silence, figé dans la pose de celui qui «regarde passer les têtes de mort» , dira l'un de ses rares amis. Il est enterré, avec sa mère, au cimetière du Montparnasse, à Paris.

 
Mise à Jour de la page le 11/2001
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