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Oeuvres Poétiques de Charles Augustin Sainte-Beuve

[1829]
Vie, poésies et pensées de Joseph Delorme
Les rayons jaunes



   
Oeuvres de poètes francophones du XIIe au XXe siècles
 
Charles Augustin Sainte-Beuve
Charles Augustin Sainte-Beuve, Portrait (détail).

[1804] - [1869]
Charles Sainte-Beuve

«La plupart des hommes célèbres meurent dans un véritable état de prostitution.»
Charles Augustin Sainte-Beuve, Mes poisons.

Né à Boulogne-sur-Mer le 23 décembre 1804, Charles Augustin Sainte-Beuve, allait devenir le critique le plus redouté de son siècle. Orphelin de père dès sa naissance, il vécut une enfance teintée de tristesse car sa mère et sa tante entretenaient abondamment la mémoire du disparu. Issu de la bourgeoisie catholique aisée, il suit des cours de rhétorique et de philosophie au lycée Condorcet, à Paris, où sa mère s'installe alors qu'il a tout juste 14 ans.
Durant son adolescence, il se passionne pour Chateaubriand, Lamartine, Lamarck, et acquiert par ailleurs une solide formation en lettres classiques. Puis, il entreprend des études de médecine qu'il ne termine pas. Tout en s'intéressant aussi bien à la science qu'à la spiritualité, – ce qui transparaît dans ses premières oeuvres poétiques, – il adhère très tôt au romantisme en écrivant des textes de critique littéraire pour le journal Globe en 1827.
En 1827, il se lie avec Victor Hugo et entre dans le Cénacle, groupe constitué autour de Charles Nodier et qui fut le berceau du mouvement romantique français.
Dès l'année suivante, en 1828, il publie son premier essai, de facture classique, Tableau historique et critique de la poésie française et du théâtre français au XVIesiècle, qui établit un parallèle entre les romantiques et les poètes de la Pléiade et qui oppose de façon polémique la floraison littéraire de la Renaissance, époque chérie des romantiques, à la littérature «glacée» du classicisme et qui permet notamment de remettre Ronsard au goût du jour.
Devenu l'ami de Victor Hugo, il s'essaye sans grand succès à la poésie avec «Vie, Poésies et Pensées de Joseph Delorme» (1829), ouvrage mêlé de prose et de verset et s'éprend passionnément d'Adèle, la femme du grand écrivain. Une correspondance naîtra de la fréquentation des Hugo, rassemblée dans les Consolations, publiée en 1830. On y décèle l'intensité des sentiments contradictoires qu'il éprouve pour le célèbre couple. La concrétisation de sa liaison avec Adèle lui aliène définitivement Victor Hugo. Une nouvelle, Madame de Pontivy (1837), évoquera ultérieurement sous le vernis de la fiction les complexités de cet amour, et un recueil consignera tous les poèmes dédiés à Adèle (le Livre d'amour1843).
Entre-temps, sous l'influence des idées socialistes de Pierre Leroux et Lammenais, il publie son unique roman, Volupté, en 1834, une nouvelle tentative pour chercher une issue au malaise de Joseph Delorme, transposé dans celui d'Amaury. Fruit d'une lente maturation, ce roman-poème, fondé sur l'exploration des souvenirs, reste une oeuvre autobiographique sans lendemain. Alors, déçu par ce nouvel échec littéraire, Sainte-Beuve, devenu collaborateur régulier à la Revue des Deux Mondes, décide de se consacrer exclusivement à la critique littéraire.
Fréquentant beaucoup les salons politiques et littéraires, il se rapproche de George Sand et travaille dès 1836, à développer une pensée critique fondée sur le postulat qui consiste à ne pas dissocier la vie d'un artiste de son oeuvre mais, par un travail considérable d'investigation, à rechercher les racines de celle-ci dans celle-là, en étudiant le milieu historique, biologique et social de l'artiste et en le classant dans une famille d'esprit: Critiques et Portraits littéraires (1836-1839), Portraits de femmes (1844), Portraits contemporains (1846).
Professeur de littérature à Lausanne (1837-1838) et à Paris, il commençe la publication d'une vaste étude sur les écrivains jansénistes (ses conférences sont rassemblées dans Histoire de Port-Royal1840-1859) et diffuse ses conceptions critiques et rompt finalement avec le romantisme dans Dix Ans après en littérature (1840).
En 1844, il entre à l'Académie française.
La révolution de 1848 perturbe cet intellectuel assez casanier, car sa trop grande proximité avec les milieux du pouvoir l'inquiète un temps, et l'amène à démissionner de son poste de conservateur de la Bibliothèque Mazarine, fonction qu'il occupait depuis 1840. Il s'exile alors momentanément et voyage dans divers pays européens.
Rédigé lors de son bref séjour comme professeur à l'université de Liège (1848-1849), Chateaubriand et son groupe littéraire sous l'Empire, nouvel essai critique inspiré de ses cours, ne paraît qu'en 1861.
Sainte-Beuve se consacre ensuite avec assiduité à la presse, faisant paraître des commentaires sur l'actualité et le monde littéraire tous les lundis, de 1849 à 1852 dans le Constitutionnel, puis de 1852 à 1861 dans le Moniteur (Causeries du lundi1851-1862; Nouveaux Lundis1863-1870), étendant de plus en plus son influence.
Professeur de poésie latine au Collège de France (1855) et de littérature française à l'École normale supérieure (1857-1861), il se rallie à l'Empire et sera nommé sénateur en 1865. Il prit cependant position pour la liberté de pensée et la liberté de la presse (notamment en 1868), ce qui lui valut une certaine notoriété auprès des libéraux et du monde ouvrier.
Sainte-Beuve est aussi l'auteur d'une importante correspondance et de Carnets intimes (dont une anthologie a été publiée sous le titre Mes poisons, posthume, 1926): dans ceux-ci, Sainte-Beuve sut saisir mieux que personne, avec une intelligence amère, les jeux de l'institution littéraire, le fonctionnement des «groupes» dans le milieu des lettres, le passage des «générations» artistiques et la manière dont se construit l'image d'un auteur: pour qui s'intéresse à la sociologie de la culture, Sainte-Beuve peut, aujourd'hui encore, être un maître d'enchantement et de désenchantement.

 
Mise à Jour de la page le 11/2001
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