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Oeuvres Poétiques de Nicolas Boileau

[1657-1705]
Satires
Satires [I]
[1668-1696]
Épîtres
Épîtres [II]
[1674-1683]
Le Lutrin, Poème héroï-comique
Chant Premier
[1674]
L'Art poétique




   
Oeuvres de poètes francophones du XIIe au XXe siècles
 
Nicolas Boileau
Nicolas Boileau Portrait: École Française, XVIIe siècle (Versailles)

[1636] - [1711]
Nicolas Boileau

«Ce que l'on conçoit bien s'énonce clairement,
Et les mots pour le dire arrivent aisément
.»
Nicolas Boileau-Despréaux, L'Art poétique.

Après avoir eu dix enfants d’un premier lit, son père, greffier au Parlement, se remarie et en a encore six, dont Boileau fut le cinquième.
Né en 1636, sous le règne de Louis XIV, le Parisien Nicolas Boileau dit Despréaux est issu de cette bourgeoisie parlementaire qui ne cesse de s’élever. Dans sa famille, on prit de bonne heure l’habitude de l’appeler Despréaux. Son enfance semble avoir été triste. Il perd sa mère à vingt mois.
Il fit de bonnes et solides études au collège de Beauvais, commence des études de théologie, puis, lui-même issu d’une longue suite de greffiers, d’avocats et de petits officiers de finance, il se tourne vers le droit; il obtient en 1656 le titre d'avocat, mais ne plaide pas.
Il est bourgeois par l’entêtement, l’avarice, l’âpreté à réclamer son dû. Mais de la bourgeoisie il a aussi les vertus fortes, en particulier une grande liberté de jugement et de parole, et un sentiment assez fier de sa dignité.
Chargé, bien malgré lui, d’écrire l’histoire du roi, il est le contraire d’un flatteur. Reçu à l’Académie en 1684, il n’a pas un mot dans son discours pour célébrer la politique de Louis XIV contre les protestants: aucun de ses confrères n’a eu le même courage. Son jansénisme n’est, en un sens, qu’une forme de son indépendance en face des pouvoirs.
Il est du Palais et un peu d’Église; à onze ans, il reçoit des lettres de tonsure, et sera huit ans prieur de Saint-Paterne. Peu dévot, moins encore mystique, il vivra entouré de prêtres, de religieux, même de jésuites, malgré les sympathies que Port-Royal lui inspire et qu’il ne cache pas.
Dès 1657, la mort du père assure à l'héritier un revenu qui le met à l'abri du besoin. Des frères, déjà lancés dans la vie mondaine et littéraire – dont son frère Gilles, de cinq ans son aîné, élu académicien dès 1659, critique redouté et protégé de Chapelain, – décident de la carrière du jeune homme en l'introduisant dans des coteries qui se distinguent par leur esprit indépendant, leur hostilité à la Préciosité, à ce romanesque, à la poésie et à la galanterie en vogue, par leur purisme aussi, et un «sens vif des devoirs de l'écrivain, de sa dignité et de sa vocation».
Comme son frère Gilles, Nicolas Boileau est hostile aux poètes qui flattent les ministres et les gens en place. Il est, dans l’ordre des lettres, le représentant le plus authentique de cette bourgeoisie.
Sa première grande admiration, c’est Molière. Il est à ses côtés dans la querelle de L’École des femmes. Ses rapports avec La Fontaine seront toujours des plus tièdes.
Vers 1663, il commence à réciter ses premières «Satires», premières oeuvres, composées entre 1663 et 1665 et rédigées de 1657 à 1705. Elles sont fort vives, d'habile facture, stigmatisent de façon impitoyable les moeurs du temps et ridiculisent avec une redoutable efficacité les gens en place et les ennemis. Elles valent à leur auteur la notoriété et bien des polémiques ou des inimitiés.
Entre 1668 et 1670, poussé par Molière, Boileau s’en prend à la Sorbonne et à la scolastique. Il fait donc figure de moderne, au moins en matière de philosophie et de sciences. La satire VIII et «L’Arrêt burlesque» sont, à cet égard, des témoignages très frappants.
L’influence du Grand Arnauld, rencontré chez le premier président Lamoignon, va entraîner Boileau dans une direction nouvelle. Il renonce pour vingt-cinq ans à la satire et se tourne vers les Épîtres morales. Il se détache de ses amis pyrrhoniens et de ses admirateurs de cabaret. Son Épître III, assez faible littérairement, atteste cette évolution. Il prend part aux séances de la docte académie Lamoignon. On l’y invite à composer un art poétique, et on lui propose le sujet du Lutrin, un poème héroï-comique parodiant l'épopée et la tragédie.
L’Art poétique paraît pendant l’été 1674. C’est un résumé de la doctrine classique telle qu’elle avait été élaborée en France dans la première moitié du siècle. L’ouvrage n’a rien, et ne pouvait rien avoir d’original dans son inspiration. Mais ce qui le distingue de tous les traités de ce genre, c’est qu’il est en vers et qu’il cherche à plaire plus qu’à instruire. Composé à l’usage des gens du monde, il obtient auprès d’eux le plus éclatant succès.
La querelle de Phèdre en 1677 voit se dresser contre Racine et Boileau de puissants ennemis. Mme de Montespan, pour mettre les deux poètes à l’abri, obtient du roi qu’ils soient nommés historiographes en 1674; une pension de deux mille livres lui est accordée. Boileau se croit obligé d’accepter, mais s’en repentira amèrement. Tout le fruit de ce travail ingrat disparaîtra en 1726 dans un incendie.
En 1684, l'élection à l'Académie française est un grand honneur, acquis de justesse, en raison de l'opposition des anciennes victimes du satirique.
Vieilli, Boileau reprend du service en 1687, pour combattre Charles Perrault et les Modernes. Perrault fait lire à l’Académie un poème où il assure que les lettres et les arts ont au moins autant d’éclat en France, sous le règne de Louis, qu’ils en purent avoir en Grèce et à Rome, aux temps de Périclès et d’Auguste. Tel est alors l’avis à peu près général. Mais Boileau est, de tempérament, ennemi de son siècle. Sous couleur de défendre les Anciens, il attaque surtout ceux de ses contemporains qu’il n’aime pas, et au premier rang desquels figure depuis longtemps Perrault lui-même. Boileau admire sincèrement sans doute quelques poètes latins, mais les raisons qu’il invoque pour démontrer la supériorité d’Homère ou de Pindare sont d’une grande faiblesse. En fait, la question est mal posée par deux adversaires aussi dépourvus l’un que l’autre d’esprit historique. Cette querelle, dont on a démesurément grossi l’importance, montre surtout combien Boileau était isolé en son temps.
En 1694, Boileau revient à la satire. C’est aux femmes qu’il s’en prend avec une verve rajeunie. Il avait toujours été misogyne, mais il profite surtout des prétextes que lui offre son sujet pour se moquer des modernes et des casuistes.
C’est contre la casuistique qu’il mènera son dernier combat. Il n’avait jamais masqué sa sympathie pour la logique et la dure morale de Port-Royal, alors persécuté. Les Provinciales lui semblaient le seul ouvrage de son siècle qui pût être comparé aux chefs-d’œuvre des Anciens. Contre la dispense d’aimer Dieu, si libéralement accordée par les Jésuites, contre l’«honneur du monde», contre l’équivoque enfin, il écrit sa dernière Épître et ses deux dernières satires. Elles valent par la chaleur de la conviction et par le courage dont elles témoignent.
En 1701 est publiée une magnifique édition des Oeuvres, la première que l'auteur signe de son nom. Mais, seules purent paraître, non sans bien des retouches et des adoucissements, l’Épître XII et la Satire XI. Pendant sept ans, Boileau s’épuise en démarches pour obtenir le droit de publier la Satire XII, la plus importante, celle où il s’en prend à l’Équivoque.
Le 3 janvier 1711, Louis XIV lui-même, sur le conseil de son confesseur le Père Le Tellier, interdit qu’elle soit imprimée. Cette même année, le 13 mars, une mort pieuse met un terme à une vieillesse glorieuse, mais amère et chagrine, qui s'était comme retirée du siècle. En un siècle courtisan, ce prétendu «flatteur de Louis» a montré, tout au long de sa vie et de son Oeuvre, une rare indépendance.

 
Mise à Jour de la page le 11/2001
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