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Oeuvres Poétiques de Petrus Borel

[1832]
Rhapsodies
Isolement



   
Oeuvres de poètes francophones du XIIe au XXe siècles
 
Petrus Borel
Petrus Borel
Portrait (détail).

[1809] - [1859]
Petrus Borel

«Celui qui a inventé le nœud du mariage a trouvé un bel et spécieux expédient pour se venger des humains, une chausse-trape ou un filet pour attraper les bêtes ; et puis les faire languir à petit feu.»
Pierre-Joseph Borel d'Hauterive, dit Petrus, Champavert.

Né à Lyon le 26 juin 1809,
Petrus Borel de son vrai nom Pierre-Joseph Borel d'Hauterive est le douzième des quatorze enfants d’une famille d’émigrés désargentée, réfugiée en Suisse après que le père eut combattu à Lyon, dans les rangs royalistes, les armées de la Convention.
À quinze ans, Pierre Borel entre chez Garnaud pour y apprendre le métier d’architecte, puis chez Bourlat, et s’installe en 1829 à son propre compte; mais son aversion pour la mode architecturale de l’époque, son amour pour le Moyen Âge, pour le mouvement et la couleur effarouchent la clientèle; aussi s’abandonne-t-il de plus en plus à sa passion du dessin, qu’il étudie dans l’atelier d’Eugène Devéria, et des lettres. Période difficile, où il dort dans les caves des maisons qu’il construit et mange rarement à sa faim, mais qu’illuminent l’amour de l’art et l’immense désir d’imposer un talent qui s’épanouit dans l’atmosphère d’amitié et d’émulation du Petit Cénacle dont Pétrus Borel fut, sinon le chef, du moins l’âme.
Chef de file de ceux que l’on désigne communément du nom de «petits romantiques français», boudé par le succès de son vivant, s’impose aujourd’hui comme l’un des écrivains les plus originaux du romantisme. Autre «romantique de la nuit», autre militant engagé et même «enragé» des nuits chaudes de l'époque, il fut selon Théophile Gautier, «une individualité pivotale autour de laquelle les autres s'implantent et gravitent».
Ses relations amicales avec Victor Hugo le désignent tout naturellement comme l’un des grands organisateurs de la défense, au moment de la bataille d’Hernani.
Sa première publication, «Rhapsodies»(1832), est un recueil de poèmes précédé d’une préface aux déclarations fracassantes, dans laquelle il professe un républicanisme fait plus de mépris et de dégoût pour la société que d’idéal démocratique à proprement parler, républicanisme négatif, défi d’un misanthrope, d’un «lycanthrope» pour reprendre l’expression par laquelle il se rendit célèbre.
L’année suivante, c’est un volume de nouvelles, Champavert (1833), le chef-d’œuvre de Borel, marquant un ton au-dessus dans la violence. Une mise en scène soigneusement élaborée est au service d’un satanisme byronien, qui s’exprime en des formules saisissantes, traduisant sa haine de la société et sa défiance de l’amour.
Pétrus Borel écrit, en 1833, un pamphlet, L’Obélisque de Louqsor, publie une traduction de Robinson Crusoé de Defoe, fonde des revues littéraires dont les plus intéressantes sont La Revue pittoresque, faisant sur le modèle anglais une large part aux traductions d’oeuvres étrangères, et L’Âne d’or, véritable «écrin littéraire» consacré surtout aux «curiosités» dont l’époque est alors friande.
En 1839, sa dernière œuvre importante, Madame Putiphar (sobriquet appliqué à Madame de Pompadour), est un roman riche de détails terrifiants, empruntés au roman noir, sur les mœurs dissolues du règne de Louis XV et les horreurs de l’absolutisme, qui appellent la Révolution de 1789 et débouchent sur l’apothéose de la prise de la Bastille.
En 1846, las d’attendre une gloire qui ne vient pas et de vivre de pis-aller en tant que journaliste depuis 1840, Borel obtient, grâce à l’intervention de Théophile Gautier et de Delphine de Girardin, un poste d’inspecteur de la colonisation à Mostaganem en Algérie. Il prend son travail au sérieux, s’efforçant de concilier rendement économique et idéal humanitaire, ce qui lui vaut, en 1848, une première destitution. Il retrouve un poste à Constantine sur l’intervention du maréchal Bugeaud, mais, ayant dénoncé avec brutalité certaines malversations, se voit définitivement remercié en 1856.
Plein d’amertume, il se retire avec sa femme, Élisabeth Clayet, et son fils, dans le castel gothique qu’il s’était construit (redevenu architecte pour la circonstance) à Mostaganem, et se consacre à l’exploitation des terres de cette propriété algérienne qu'il avait baptisée Haute-Pensée
. Il mourut trois années plus tard, le 14 juillet 1859, victime d’une insolation.
Cet homme étrange à l'écriture baroque et souvent déconcertante, connut une gloire posthume grâce à André Breton et aux surréalistes, qui exhumèrent, pour les encenser, ses ouvrages «révolutionnaires».
L'authenticité de ces «rêveries du lycanthrope aux couleurs du néant» tient surtout à leur inégalité même, à leurs distorsions, quand ce n'est pas à leur caractère cahotique. Comme chez O'Neddy ou chez Forneret, la poésie de Petrus Borel vaut par l'expression des rapports conflictuels que l'écrivain entretient, sur le mode de l'humour ou de la violence, avec un langage toujours insuffisant.

 
Mise à Jour de la page le 11/2001
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