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Oeuvres Poétiques de Jacques Delille

[1782]
Les Jardins
Premier Chant
[1808]
L'homme des Champs
Premier Chant



   
Oeuvres de poètes francophones du XIIe au XXe siècles
 

[1738] - [1813]
Jacques Delille

«L'été remplit sa grange, affaisse ses greniers ;
L'automne d'un doux poids fait gémir ses paniers ;
Et les derniers soleils, sur les côtes vineuses,
Achèvent de mûrir les grappes paresseuses.»
Jacques Delille, dit l'abbé, Traduction des Géorgiques.

Jacques Delille, né en Limagne, près de Clermont, compare son pays d’origine à la région de Mantoue. D’origine modeste, il travaille d’abord comme enseignant dans différents collèges, à Beauvais, à Amiens, puis à Paris; il prépare pendant ce temps une traduction des Géorgiques, qu’il publie en 1769. Voltaire en est si frappé que, sans connaître le poète en aucune façon, il écrit à l’Académie française pour le recommander chaudement. Delille y est en effet présenté en 1772; jugé trop jeune, il est admis deux ans plus tard.
En 1782, il publie son grand poème «des Jardins», bientôt traduit en de nombreuses langues. On y trouve des accents mélancoliques qui annoncent parfois le lyrisme de Lamartine. La poésie, achevée pendant la guerre des États-Unis, s’élève pour finir en une invocation à la paix assez caractéristique du style qui fit le succès de Delille.
À la suite d’un voyage à Constantinople et en Grèce, il écrit un poème intitulé L’Imagination , dans lequel il décrit les impressions qu’il reçut de ces superbes paysages. Mais c’est toujours de l’inspiration virgilienne qu’il se tient le plus proche. Au Collège de France, où il occupe la chaire de poésie latine depuis 1781, il récite ses propres vers après ceux de Virgile.
Pendant la Révolution, s’étant retiré à Saint-Dié, la patrie de sa femme, pour trouver le calme nécessaire à ses travaux, il achève dans une solitude profonde sa traduction de L’Énéide commencée depuis trente ans, d'ou son surnom de Virgile français.
Puis, en exil à l’étranger, il travaille avec acharnement. En témoignage de reconnaissance pour l’hospitalité anglaise, il traduit Le Paradis perdu de Milton, dont il avait déjà fait un haut éloge dans L’Imagination. Milton était alors considéré comme le poète moderne par excellence. Delille lui reconnaît beaucoup de génie, mais peu de goût. Il présente lui-même sa traduction comme un effort pour faire rentrer le lion au bercail à force de douceur. De nos jours, on lui reproche d’avoir supprimé certaines audaces de pensée ou de langue, d’avoir affaibli le vocabulaire et le sens.
À la même époque, il écrit un poème intitulé Les Trois Règnes de la nature, dans lequel il essaie d’exprimer poétiquement les lois et les définitions scientifiques.
L’idée du poète est qu’on peut tout dire, mais en ornant tout. Les romantiques lui reprochent beaucoup sa peur du mot propre. Stendhal dénonce «les amants tartufes de la nature, comme l’abbé Delille»; Balzac, dans Les Paysans, met en scène un émule provincial de Delille, auteur d’une Bilboquéide riche en périphrases. Pourtant, sous l’influence de Mallarmé, on a redécouvert la nécessité des mots interdits en poésie, et Delille est cité par ceux qu’intéressent les débats sur l’essence du langage poétique.
L’inspiration de Delille est aussi politique. Dans un poème intitulé La Pitié, qui paraîtra à Londres en 1803 après avoir subi la censure en France, il condamne en termes très énergiques les excès de la Révolution. On y trouve aussi des considérations sur l’esclavage aux colonies. Loin d’être abolitionniste, le poète s’étend surtout sur les malheurs des colons.
Il se déclare d’ailleurs en toutes circonstances ennemi de la violence. D’où sa réputation d’esprit facile et doux, d’homme modeste et indulgent. Pendant les dernières années de sa vie, il s’occupe de la publication de ses poèmes et il est le témoin de leur succès.
On le trouve souvent désigné sous le nom de l’abbé Delille. En effet, il avait reçu en 1762, à Amiens, certains ordres mineurs, ce qui ne l’empêcha pas ensuite de vivre en parfait abbé du XVIIIe siècle: en 1786, il se met en ménage avec une «nièce» de Saint-Dié et se marie en 1799, pendant son exil à Londres.
En 1812, un an avant sa mort, Delille est considéré comme le plus grand des écrivains français vivants. En 1813, on lui fait des funérailles magnifiques. Pourtant, un siècle et demi après sa mort, il est oublié: c’est dire que cette poésie tantôt didactique et descriptive, tantôt morale et philosophique a vite et mal vieilli.

 
Mise à Jour de la page le 11/2001
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