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Oeuvres Poétiques de Jean de La Fontaine

[1668-1693]
Fables

Livre I
A Monseigneur le Dauphin
I - La Cigale et la Fourmi
Livre II
I - Contre ceux qui ont le goût difficile
Livre III
I - Le Meunier, son Fils et l'Ane
Livre IV
I - Le Lion amoureux
Livre V
I - Le Bûcheron et Mercure
Livre VI
I - Le Pâtre et le Lion
Livre VII
A Madame de Montespan
I - Les Animaux malades de la Peste
Livre VIII
I - La Mort et le Mourant
Livre IX
I - Le Dépositaire infidèle
Livre X
I - L'Homme et la Couleuvre
Livre XI
I - Le Lion
Livre XII
I - Les Compagnons d'Ulysse
[1665-1674]
Contes et Nouvelles
en vers

Partie I
Joconde
Partie II
Le faiseur d'oreilles et le raccommodeur de moules
Partie III
Les oies de frère Philippe
[1674]
Nouveaux Contes en vers
Comment l'esprit vient aux filles
[1682]
Derniers Contes I
La Matrone d'Ephèse
[1685]
Derniers Contes II
La Clochette
[1895]
Contes Posthumes
Les Quiproquos



   
Oeuvres de poètes francophones du XIIe au XXe siècles
 
Jean de La Fontaine
Jean de La Fontaine, portrait XVIIe siècle, (détail) Musée St-Denis, Reims

[1621] - [1695]
Jean de La Fontaine

«Les fables de La Fontaine sont plutôt la philosophie dure, froide et égoïste d'un vieillard que la philosophie aimante, généreuse, naïve et bonne d'un enfant. C'est du fiel.»
Alphonse de Lamartine, Les Méditations, Préface.

Jean de La Fontaine, né à Château-Thierry, en Champagne, où son père, bourgeois aisé, exerce la charge de maître des Eaux et Forêts; sa mère est veuve d’un négociant de Coulommiers.
La Fontaine passe toute son enfance dans cette province, milieu rural et champêtre dont son oeuvre, dit-on, porte la marque. L’atmosphère familiale est perturbée par des problèmes d’intérêt qui se retrouveront tout au long de la vie du poète. L’enfant semble avoir été élevé par deux mères, la vraie, qui a trente-neuf ans à sa naissance, et une charmante demi-sœur de huit ans. Image double de la femme qui réapparaîtra souvent dans ses rêveries.
Fut-il, comme le prétend une tradition tenace, un adolescent lourdaud, grand dormeur, indolent, voire paresseux? Passe pour l’indolence, puisqu’il l’avoue; mais elle est associée à une curiosité d’esprit qui le sensibilise à tous les événements importants et à tous les grands courants de pensée de son époque. Cette curiosité insatiable lui permet d’accumuler – et d’assimiler – une très vaste culture: les classiques latins, base de l’enseignement du temps, mais aussi les grecs, moins pratiqués: Homère, les Tragiques, Platon, dont il traduira un dialogue, les italiens (Boccace, Arioste, Tassoni), les espagnols. Et, bien entendu, notre littérature: les vieux conteurs, avec une prédilection marquée pour Rabelais, et encore Marot, Honoré d’Urfé, les précieux, les burlesques, les théologiens, les philosophes. Et, puis n'oublions pas les signes d’intérêt de l’artiste pour les cultures «marginales» de son époque: les «emblèmes», imagerie commentée qui connaît un grand succès, aussi bien chez les mal-lisants que chez les amateurs de peinture peu fortunés; les facéties de cabaret qu’on écrit en joyeuse compagnie, sur un coin de table; les jeux de salon, portraits, devinettes, questions d’amour, etc., créations futiles et raffinées d’une société qui cherche à se définir; et surtout la littérature orale, les récits merveilleux, facétieux ou d’animaux, vaste répertoire très vivant au XVIIe siècle et qui lui est très familier, ne serait-ce qu’à cause de son enfance en Champagne, terre de passage où se croisent les contes du Nord, du Midi et de l’Est.
On retrouve La Fontaine à vingt ans, qui tenté par l'Église est rentré comme novice à l’Oratoire, puis, à vingt-six ans, marié avec une très jeune épouse qui ne tiendra guère de place dans son existence, et père de famille.
Il a suivi des cours de droit, mais l’office de maître des Eaux et Forêts qu’il rachète à son beau-frère en 1653, puis celui dont il hérite de son père en 1658 se révèlent peu rentables, à cause d’une succession embrouillée par les exigences d’un frère cadet, de dettes, d’une paysannerie éprouvée par les secousses de la Fronde, la répression et la guerre étrangère. Mais cela lui vaudra tout de même de fréquentes randonnées dans les bois champenois et sur les rives de la Marne.
Il s'installe alors à Paris, fréquente les salons littéraires et décide de se consacrer à la littérature. La Fontaine publie en 1654 une traduction-adaptation de L’Eunuque de Térence, mais ces débuts tardifs ne sont guère remarqués. Il cherche alors un mécène, seule possibilité à l’époque pour un écrivain de vivre de sa plume. Jannart, l’oncle de sa femme, le présente en 1657 à Nicolas Fouquet, le très puissant surintendant des Finances: son poème héroïque, l'Adonis (1658), inspiré d'Ovide lui vaut l'admiration et la protection de ce dernier.
Alors commence une période heureuse et féconde. Fouquet intègre son nouveau protégé au petit groupe d’artistes chargés d’embellir et de célébrer son domaine de Vaux, dont la magnificence sert son crédit. La Fontaine reçoit mission de décrire ces «merveilles» présentes et à venir. Il met alors en chantier Le Songe de Vaux, qui célèbrera les splendeurs conçues par le richissime ministre. Il se lie avec d'illustres personnes: Saint-Évremond, Charles Perrault, Mlle de Scudéry entre autres. Mais le luxe et les intrigues du surintendant inquiètent le jeune roi qui, guidé par Colbert, amorce une autre politique: relance de l’économie, protectionnisme, recherche de nouveaux débouchés. Fouquet est arrêté, emprisonné. Ses amis se dispersent.
La Fontaine est l’un des très rares à lui rester fidèle. Il plaide même sa cause dans L’Élégie aux nymphes de Vaux (1662) et dans une Ode au roi pour M.Fouquet (1663). Il semble aussi avoir participé activement aux Défenses de Fouquet et aux campagnes de pamphlets qui dénoncent la «rage» de Colbert et les irrégularités du procès. La vindicte du ministre s’acharne sur le poète: poursuites pour usurpation de titres, pour malversation, exil à Limoges dans le Limousin.
Le clan opposé à Colbert récupère et protège le «bonhomme»: amitié de la très jeune et jolie duchesse de Bouillon pour qui il écrit ses premiers contes et «sinécure!» en tant que «gentilhomme servant» auprès de la duchesse douairière d’Orléans, au palais du Luxembourg (1664-1672).
Entre 1664 et 1667, en quatre livraisons, La Fontaine publie vingt-sept contes et nouvelles en vers, parmi lesquels «Joconde», «La Matrone d’Éphèse» et Le Calendrier des vieillards, puis, en 1668, sous le titre modeste de «Fables choisies mises en vers par M. de La Fontaine», un premier ensemble de cent vingt-six fables divisé en six livres, précédé d’une Vie d’Ésope, d’une préface et d’une dédicace où l’auteur pose sans ambiguïté sa candidature à la fonction de précepteur du Dauphin, en équipe, semble-t-il, avec le duc de La Rochefoucauld. Le recueil obtient un succès immédiat.
Ce succès encourage l’artiste. Dans un mouvement alterné, fables et contes se succèdent. En 1669 paraît Les Amours de Psyché et de Cupidon, sorte de roman promenade mêlé de prose et de vers, suivi d’Adonis, en 1671, d’une nouvelle fournée de Contes et nouvelles et de huit fables inédites parmi lesquelles Le Coche et la Mouche et L’Huître et les Plaideurs.
En 1673, à la mort de la duchesse d’Orléans, il est recueilli par son amie Mme de La Sablière, chez qui il restera de 1673 à 1693.
Dans cette maison et ce salon hospitaliers, il trouve le climat d’amitié, de liberté et de culture dont il a besoin. Il y mène une vie mondaine assez brillante, fréquentant les écrivains les plus renommés de son temps : Mme de La Fayette, Mme de Sévigné, Boileau, Molière, Racine, La Rochefoucauld, Retz. Il y fréquente aussi des artistes, des philosophes et des voyageurs, élargit son information au domaine du Moyen-Orient et de l’Asie et publie en 1677 une nouvelle édition des Fables en quatre volumes dont les deux derniers, parus en 1678 et en 1679, contiennent les livres VII à XI des éditions actuelles.
Ses Nouveaux Contes, en 1674, qui mettent en scène des gens d’Église, lui valent la colère du parti dévot qui les fait interdire à la vente. Mais l’affaiblissement du clan colbertiste et l’amitié de Mme de Montespan et de Racine conjurent le danger.
La Fontaine s’essaie dans l’opéra et il est reçu en 1684 – non sans difficulté (autorisation du roi) – à l’Académie française où il remplace Colbert, son ancien persécuteur, et prononce – en termes sybillins – son éloge.
La retraite dévote et la mort de Mme de La Sablière le laissent sans ressources. Il songe à s’expatrier en Angleterre.
En 1692, il tombe gravement malade et son confesseur, l’abbé Pouget, qui admire en lui un homme «fort ingénu, fort simple», l'amène à se convertir, lui arrache une abjuration publique de ses contes «infâmes» devant une délégation de l'Académie, et lui fait déchirer sa dernière oeuvre à peine achevée, une comédie.
Il retrouve néanmoins la santé et – recueilli, in extremis, par le riche financier D’Hervart, qui lui donne l'hospitalité dans son luxueux hôtel parisien, – il regroupe et publie en 1693 les fables du livre XII qui s’achèvent par Le Juge arbitre, l’Hospitalier et le Solitaire, poème qui est à la fois un testament et un art de vivre.
Les Fables de la Fontaine forme alors un
ensemble de trois recueils comportant douze livres au total, et publiés en 1668 (livresI à VI), 1678 (livresVII à XI) et 1694 (livreXII). Les Fables sont incontestablement le chef-d'œuvre de La Fontaine.
Durant les deux dernières années de sa vie, il renonce à la vie mondaine, renie ses Contes, volontiers licencieux et, pour cette raison, frappés par la censure, se consacre à la méditation, et n'écrit plus que de la poésie religieuse. C'est dans cet état d'esprit qu'il meurt soudainement en 1695 à 74 ans; en procédant à la toilette mortuaire on trouvera sur lui un cilice.
On a souvent cherché à préciser la philosophie de La Fontaine et on y a décelé de multiples contradictions. Mais ce sont celles de la vie elle-même, saisies et exprimées au plus près, dans un registre imagé, bref et savoureux qui rappelle la facture des proverbes populaires et qui débouche sur elle. Son discours ne s’enferme jamais dans l’univers du discours ni dans le jargon. La transparence de son oeuvre ne doit pas nous cacher qu’il est l’un de nos plus authentiques philosophes, dans la ligne de Platon et de Lucrèce, de Montaigne et de Pascal. Il a rendu accessibles à tous, et souriantes, les observations les plus profondes sur la vie, l’amour et la mort. Enfin, La Fontaine est aussi un très grand poète lyrique qui a su rendre cette méditation bouleversante par le frémissement de son accent personnel, combinaison subtile d’intelligence et de bonté qui donne à sa voix – toujours perceptible – une résonance inouïe, au sens exact du mot.

 
Mise à Jour de la page le 11/2001
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