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Oeuvres Poétiques de Tristan L'Hermite

[1633]
Les Plaintes d'Acanthe
La Belle en deuil
[1638]
Les Amours de Tristan
Le promenoir des deux amants
[1648]
Les Vers héroïques
La Belle gueuse



   
Oeuvres de poètes francophones du XIIe au XXe siècles
 
Tristan L'Hermite
Tristan L'Hermite, gravure du XVIIe siècle(détail).

[1601] - [1655]
Tristan L'Hermite

«Cy gît un chien qui par Nature
Savait discerner sagement
Durant la Nuit la plus obscure
Le Voleur d'avecque l'Amant.
Sa discrète fidélité
Fit qu'avec beaucoup de tendresse
A sa mort il fut regretté
Par son Maistre, & par sa Maîtresse.»
Tristan L'Hermite, Épitaphe d'un petit chien.

Issu d'une famille de petite noblesse que les imprudences de son père conduit près de la ruine, François L'Hermite
, sieur du Soliers est peut-être le descendant de ce Pierre l'Ermite qui prêcha la croisade en 1096, et aussi de ce Tristan l'Hermite, Grand Prévôt de France sous Louis XI, à qui il a emprunté son prénom.
Vers 1604, il est placé à la cour comme page du jeune Henri de Bourbon, – fils bâtard qu'Henri IV a eu de la marquise de Verneuil. Il reste quelques années au service de ce prince, avant de passer à celui du trésorier de France, Scévole de Sainte-Marthe, puis devient secrétaire du marquis de Villars.
En 1620, il prend part dans le Sud-Ouest aux campagnes de Louis XIII contre les huguenots.
Après cette jeunesse errante et aventureuse qu’il a racontée – ou plutôt romancée – dans un récit de voyages et d'aventures curieux et attachant, Le Page disgracié (1643), il entre en 1621 au service de Monsieur Gaston d'Orléans, frère de Louis XIII, qu'il suivit dans ses exils jusqu'en 1634 à travers toutes les vicissitudes provoquées par les incessants complots de ce prince contre Louis XIII et Richelieu: en 1629, il est en Lorraine, en 1631 à Nancy, l'année suivante en Flandre; en 1634, il est de nouveau en Lorraine, puis il passe en Angleterre, à la cour du roi Charles Ier; à son retour en France, il se lie d'amitié avec la famille des Béjart; de 1640 à 1642, il est de nouveau dans la maison de Gaston d'Orléans comme gentilhomme ordinaire, puis, après avoir été chevalier d'honneur de la duchesse de Chambres, il entre en 1646 dans la maison du duc de Guise; lorsque, en 1648, ce prince est fait prisonnier des Espagnols, au cours d'une expédition en Italie, Tristan, qui se retrouve presque sans ressources, se place sous la protection du chancelier Séguier, qui le fait élire à l'Académie française (1649).
Il meurt à Paris, pauvre et désenchanté, regrettant ses années de vaine servitude.
C'est d'abord en tant que poète que Tristan L'Hermite se fait connaître. Mais, son oeuvre poétique est peu connue de ses contemporains. C’est qu’il se tient à l’écart des groupes littéraires et des modes (même si, vers la fin de sa vie, il se laisse entraîner par la vogue du burlesque et celle de la poésie galante). Et pourtant, les recueils qu’il publie: «Les Plaintes d’Acante» (1633), Églogue maritime (1634), «Les Amours» (1638), où l’on trouve le fameux «Promenoir des deux amants», La Lyre du sieur Tristan (1641) – et plus tard un volume d’éloges de Grands, «Les Vers héroïques» (1648) – font de lui l’un des poètes lyriques les plus importants de son temps.
Artiste au registre étendu – poésie élégiaque, poésie encomiastique, poésie descriptive (la première pièce qu’il a fait paraître, La Mer (1627), est, à l’époque, la plus belle réussite du genre) –, aux vers amoureux souvent inspirés de Théophile de Viau et des poètes italiens, sensible à la beauté des formes et à celle de la nature, attentif à la musique du vers, qui sait varier savamment strophes et mètres, créer des images neuves et séduisantes, trouver des expressions d’un raffinement et d’une subtilité extrêmes: ses poèmes, aujourd’hui encore, frappent par leur noblesse ou charment par leur grâce rêveuse et inquiète, leur originalité s'exprimant dans l'attention portée aux descriptions de la nature et dans l'expression d'une certaine mélancolie.
Mais, si ses recueils poétiques ne touchèrent pas beaucoup ses contemporains, il trouva un public comme dramaturge.
Parallèlement, Tristan l'Hermite avait entrepris une carrière d'auteur dramatique où le succès remporté par ses tragédies, qui mettent en scène des caractères vigoureux et épris d'absolu, le font considéré par ses contemporains comme le rival de Corneille. Il travaille comme lui à la tragédie. Il fait représenter en 1636 une tragédie régulière, remarquable par la puissance dramatique et la majesté du ton, Marianne : le succès de cette pièce, dont l’héroïne est déjà cornélienne, balance celui du Cid joué la même année. D’autres pièces suivent: Panthée (1639), La Folie du Sage (1642), une tragi-comédie; des tragédies où l’on retrouve la même simplicité, la même tension, la même noblesse, notamment La Mort de Sénèque (1643), La Mort de Crispe (1644 ou 1645).
Après avoir encore publié des Lettres mêlées (1642) et des Plaidoyers historiques (1643), il fait paraître le Page disgracié, sur lequel repose aujourd'hui encore presque entièrement sa célébrité, roman mélancolique et désinvolte, en rupture complète avec les codes romanesques de l'époque: écrit à la première personne – et non livre autobiographique, cette oeuvre étant surtout un des premiers romans d'initiation de notre littérature – où alternent passages burlesques et chapitres écrits dans le ton élevé.
En 1652, à la fin de la Fronde, il revient au service du duc de Guise, de retour à Paris. Mais, sa santé est ruinée par les passions contractées depuis son adolescence: le jeu et le vin, et ses séjours dans l'entourage débauché de Gaston d'Orléans n'ont en aucune sorte entravé le développement de la phtisie dont il va finir par mourir, en septembre 1655.
Il put cependant encore mettre à profit ces dernières années pour renouer avec le théâtre, avec une pastorale inspirée de Rotrou, Amaryllis (1652) et une comédie, Le Parasite (1654). Par ailleurs, il laisse une tragédie la Mort du grand Osman, et des proses pour l'Office de la Sainte Vierge qui seront publiées après sa mort (1656).
Admiré par ses contemporains, mais rapidement tombé dans l'oubli, il a été redécouvert en même temps que les auteurs libertins et la littérature baroque, sans que l'on puisse l'assimiler à ces courants. On le trouvera plutôt dans la galerie des poètes précieux.

 
Mise à Jour de la page le 11/2001
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