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Oeuvres Poétiques d'Alphonse de Lamartine

[1820]
Méditations poétiques
I - L'isolement
[1823]
Nouvelles méditations poétiques
I - L'esprit de Dieu
[1830]
Harmonies poétiques et religieuses
Hymne au Christ



   
Oeuvres de poètes francophones du XIIe au XXe siècles
 
Alphonse de Lamartine
Alphonse de Lamartine, par François Gérard, portrait, Châteaux de Versailles (détail).

[1790] - [1869]
Alphonse de Lamartine

«On admire le monde à travers ce qu'on aime.»
Alphonse de Lamartine, Jocelyn.

Alphonse de Lamartine, naît à Mâcon le 21octobre 1790 dans une famille de petite noblesse légitimiste sans grande fortune. Il sera l’aîné de six enfants; pas de frère, rien que des sœurs; à lui, par conséquent, tous les châteaux et toutes les terres de la famille.
Lorsqu’il a vingt ans, il reçoit une éducation soignée lors de ses études à Belley, chez les Jésuites déguisés en Pères de la Foi. Il souhaiterait entrer dans la diplomatie ou, comme l'avait fait son père, dans l’armée; mais Napoléon est sur le trône: il mène donc sous l'Empire la jeunesse oisive de ces royalistes intransigeants pour qui Napoléon, malgré toute sa gloire, n'était que «l'usurpateur».
Une solide éducation classique, le contact avec les réalités de la campagne, des lectures désordonnées mais abondantes, un voyage à Naples en 1811 au cours duquel il s'éprit d'une employée de la Manufacture des tabacs, cette Antoniella que, trente ans plus tard, il déguisera en «corailleuse», dans Graziella constituent une formation qui doit lui permettre toutes les ambitions.
Mais cette âme rêveuse et mélancolique ne profite guère de la Restauration, qui lui accorde pourtant la place enviée de garde du corps du roi Louis XVIII. Il s’abstient, en 1815, pendant les Cent-Jours, de suivre Louis XVIII à Gand, se réfugie en Suisse, puis en Savoie, reprend son service après Waterloo, mais démissionne bientôt et cherche un autre emploi.
Ses goûts le portent davantage vers la littérature que vers les honneurs de la cour. Il se met à fréquenter les salons, s'essaye à quelques tragédies (Saül, 1818) et compose ses premières élégies.
En 1816, alors qu'il est en convalescence à Aix-les-Bains, sur les bords du lac du Bourget, il rencontre celle qui devint l'Elvire du Lac, Julie Charles, femme d'un officier qui tient garnison à Mâcon, avec qui il vécut une idylle intense (plus sexuelle, semble-t-il, que sentimentale), mais brève, puisque la jeune femme mourut de phtisie l'année suivante.
En 1820, enfin (il va avoir trente ans), il parvient à se glisser dans la carrière de diplomate et se marie, épousant une Anglaise catholique, Mary-Ann Birch dont il aura deux enfants qui mourront l’un et l’autre, le premier (Alphonse) à vingt mois, le second (Julia) à dix ans et demi. Cette même année, il fit paraître sous le titre de «Méditations poétiques» des poèmes qui le rendirent bientôt célèbre et qui sont considérés comme la première manifestation du romantisme en France. Ces vers lyriques, évoquant les inquiétudes amoureuses et spirituelles d'une âme tourmentée, correspondent à la sensibilité d'un public que les auteurs classiques ne satisfont plus.
La décennie suivante le voit mener de front une double carrière de diplomate à Florence en Italie, et de poète qui continue d'explorer la même veine lyrique, avec les «Nouvelles Méditations» (1823), la Mort de Socrate (1823) et le Dernier Chant du pèlerinage de Childe Harold (1825), qui est un hommage à Byron. Élu à l'Académie française en 1830, il connait un nouveau succès en publiant les deux volumes de ses «Harmonies poétiques et religieuses», oeuvre d'un lyrisme puissant, qui révélait un poète en pleine possession de son talent.
La Révolution de Juillet lui fournit le prétexte de quitter, par apparente fidélité légitimiste, cette carrière de diplomate qui l’ennuie, et il se présente à la députation, tout en songeant en même temps à un vaste poème, dont il a conçu, depuis 1821, le projet. Sa production poétique de cette période porte la marque de ses préoccupations politiques («Ode sur les révolutions», «Némésis»).
Après un premier échec à la députation en 1831, il s'embarque en juin 1832 pour le Proche-Orient, voyage au cours duquel il perdit sa fille, Julia (Voyage en Orient, 1835). Élu, en son absence, député de Bergues (près de Dunkerque), grâce aux efforts d’un de ses beaux-frères, il regagne la France à l’automne 1833, et prend place à la Chambre, le 23 décembre 1833, pour l’ouverture de la session. Député jusqu'en 1848, – de Bergues d’abord, de Mâcon ensuite, et, finalement, du Loiret, jusqu’au coup d’État du 2 décembre 1851, – sa principale préoccupation fut de défendre à la Chambre des idées libérales et progressistes.
Son activité littéraire, moins intense, se concentre alors dans son projet ce cette vaste épopée qui devait raconter «l'histoire de l'âme humaine». Rédigés dans cette perspective, Jocelyn (1836), la Chute d'un ange (1838), et plus tard Recueillements poétiques (1839), firent de lui le chantre d'un «christianisme libéral et social». Après ces publications, il abandonne la poésie et se consacre tout entier à l’action politique.
Soucieux de l'avenir de la France, il publie son Histoire des Girondins (1847) qui fait partie, dans sa pensée, de cette action: écrite à l'usage du peuple elle est destinée à lui donner «une haute leçon de moralité révolutionnaire, propre à l'instruire et à le contenir à la veille d'une révolution». L'intérêt que suscite cet ouvrage lui vale, en 1848, d'être ministre des Affaires étrangères du nouveau gouvernement républicain; il est, en fait, le chef du gouvernement provisoire, qui s’est constitué le 24 février.
Ses adversaires le feront tomber du pouvoir le 24 juin, et Lamartine, homme politique, s’acharnera à jouer encore un rôle de conseiller au moins jusqu’à ce que Louis Bonaparte, «président parjure, égorge la république». Son échec face à Louis Napoléon Bonaparte à l'élection présidentielle, puis le coup d'État de 1851 mirent un point final à sa carrière politique. Il meurt à Paris dix-huit ans plus tard.
Ses quelques vingt dernières années (1849-1869) ne sont guère qu’une lutte incessante et vaine pour sortir du gouffre de ses dettes. Lamartine n'est plus, dès lors, qu'un homme de lettres contraint à un travail forcé, à multiplier les publications alimentaires en de nombreuses compilations historiques (Histoire de la Restauration, 1851; Histoire des Constituants, 1853; Histoire de la Turquie, 1853-1854; Histoire de la Russie, 1855).
On trouve aussi çà et là des romans intéressants qui montrent un Lamartine romancier des humbles et qui sont autant de récits autobiographiques idéalisés (Confidences, contenant l'épisode célèbre de Graziella, 1849; Raphaël, 1849; Geneviève, histoire d'une servante; Le Tailleur de pierres de Saint-Point, Fior d’Aliza, 1850-1851, Antoniella, Nouvelles Confidences, 1851), et quelques poèmes inspirés dans des sommes littéraires tel que ce Cours familier de littérature, 1856-1869, mensuel, où surgiront, en 1856, ses derniers vers: «Le Désert», «La Vigne et la maison». Il s'occupe surtout de la réédition de ses œuvres complètes (Oeuvres complètes en 41 volumes, 1849-1850). Mais dans l'ensemble, le souffle de ses débuts manque à ces textes, dont l'écriture est motivée davantage par le besoin d'argent que par l'inspiration.
Il est écrasé, dans sa vieillesse, étouffé par les problèmes d’argent; nulle prodigalité ostentatoire pourtant: la cause permanente de son engloutissement, ce sont ces sommes qu’il s’était engagé à verser annuellement à chacune de ses cinq sœurs pour compenser envers elles, l’avantage qui lui avait été fait par ses oncles et tantes lui léguant, à lui, seul mâle, leurs châteaux et leurs terres; mais ces propriétés lui coûtent plus qu’elles ne lui rapportent, et il n’en fait pas moins, chaque année, des versements considérables en argent liquide, à ses sœurs ou à ses neveux; il se renie, sur tous les plans, haussant les épaules et sur sa poésie et sur la noblesse de ses anciennes «amours» et sur l’élan même qui l’avait poussé dans la lutte en 1830Allons! dira-t-il en 1863, il n’y avait là que tourment d’activité et ambition d’éloquence»). Ses contemporains se détournent de lui; la masse l’ignore; les hommes politiques et les écrivains le tiennent pour le déplorable survivant de lui-même. À cet homme, cependant, la jalousie, la fureur haineuse resteront toujours étrangères. Alphonse de Lamartine mourut le 28 février 1869, dans un oubli presque total et après avoir vendu peu à peu tous ses biens. Il aura vécu quarante ans dans un consentement ininterrompu à se passer du bonheur, essayant seulement, comme il pouvait, de faire son métier, «le dur et beau métier de vivre».

 
Mise à Jour de la page le 11/2001
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