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Oeuvres Poétiques de Clément Marot

[1533-1535]
Adolescence clémentine:

Marot à son Livre
La première eglogue des bucoliques de Virgile
Epistres
I - L'Epistre de Maguelonne
Complainctes
I - Complaincte du Baron de Malleville
Epitaphes
I - De Jane Bonté...
Ballades
I Des enfants sans soucy...
Rondeaux
I - Rondeau responsif à ung aultre,...
Chansons
I - Plaisir n'ay plus,...
[1534]
Suite de l'Adolescence:

Deploration sur le trespas...
Eglogue sur le trespas de...
ELegies
I - La Première Elegie en Forme d'Epistre
Epistres
I - Epistre des excuses de Marot
Chantz divers
I - Le Chant de l'Amour fugitif
Le Cymetiere
I - De la Royne Claude
Les Oraisons
I - Pater Noster
[1544]
Oeuvres poétiques:
Les Opuscules
I - L'Enfer...
Epistres
I - L'Epistre de Barquin
Chantz divers
I - Avant naissance...
Les Épigrammes - Livre I
I -A Messire Jehan de Laval
Les épigrammes - Livre II
I - A Anne
Les épigrammes - Livre III
I - Sur la devise de Jan le Maire de Belges
Les épigrammes - Livre IV
I - (à l'imitation de Martial)
Les Estreines de Marot
I - A la Royne
Le Cymetière
I - Complainte de [...], Guillaume Preudhomme



   
Oeuvres de poètes francophones du XIIe au XXe siècles
 
Clément Marot
Clément Marot, Portrait présumé par Corneille de Lyon Paris, Musée du Louvre

[1496] - [1544]
Clément Marot

«Imitons de Marot l'élégant badinage,
Et laissons le burlesque aux plaisants du Pont-Neuf.»
Boileau (Nicolas), L'Art poétique.

Né à Cahors en Quercy, Clément Marot est le fils du rhétoriqueur Jean Marot, initialement petit boutiquier. Celui-ci obtient une place à la cour de Louis XII grâce à son talent de poète, dans la tradition médiévale des «Grands Réthoriqueurs», dont la poésie est essentiellement fondée sur des acrobaties verbales. Il continuera de chanter en vers et en prose les campagnes italiennes à la cour d'Anne de Bretagne puis de François Ier.
Il enseigne à son fils, Clément, les lois des Grands Rhétoriqueurs et lui ménage d’utiles protections. Cette influence médiévale restera sensible chez Marot fils dans la forme de certains textes: rondeau, chanson, ballade.
L'éducation de Marot est négligée, ses études superficielles, même s’il compte un temps parmi les étudiants parisiens; il ignore le grec et sait à peine le latin. Son père le destine à la «basoche» et le fait entrer en tant que clerc chez un procureur de la chancellerie.
Mais, attiré par la vie de cour, Marot devient page du seigneur de Villeroy dès 1514, et, suivant l'exemple de son père, compose ses propres poésies selon les règles du temps tout nourri des leçons des réthoriqueurs, notamment de Jean Lemaire de Belges: on peut dater ses débuts dès 1514, et ce furent «le Temple de Cupido» (1515) écrit en l'honneur de François Ier qui vient de monter sur le trône, allégorie dans laquelle on retrouve des personnages du Roman de la Rose, puis l’Épître de Maguelonne, enfin, en 1519, l’Épître du Dépourvu.
En 1518, grâce à quelques poèmes de circonstances bien tournés, Clément Marot est attaché au service de Marguerite d'Angoulême Navarre, soeur de François Ier, (alors duchesse d'Alençon, plus tard reine de Navarre) en tant que valet de chambre et dès lors bénéficie également de la protection de François Ier.
Alors commence pour lui une période heureuse, à peine troublée par quelques incartades, car il garde toujours une indépendance totale.
Auprès de Marguerite d’Angoulême, écrivain et poète elle-même, il doit, vers 1524, s’intéresser à cette nouveauté: l’«évangélisme» et les Évangélistes.
On raconte qu’il fut blessé à Pavie. Légende pure. Un fait précis: à la suite de dénonciations, il est incarcéré au Châtelet en 1526 pour avoir mangé du «lard en Carême». Faute énorme en ce temps! Défi à l’Église? Il affirme son orthodoxie dans son Épître à M. Bouchart, en contant avec brio la fable du lion et du rat écrite à son ami Lyon Jamet pour réclamer son aide.
François Ier le gracie et lui donne la succession de son père, décédé, comme valet de chambre du roi (1527). Libéré, il reprend une brillante carrière de poète courtisan et, entre 1527 et 1534, produit un nombre important de poèmes de circonstances.
Malgré les protections dont il jouit au poste de Poète officiel, il connaîtra cependant deux fois encore les geôles parisiennes: une fois pour avoir délivré un prisonnier arrêté par le guet, puis pour avoir, de nouveau, fait gras. De là, deux épîtres adressées au roi François Ier qui sont des chefs-d’oeuvre d’esprit et d’habileté.
En 1532, Marot publie ses premières oeuvres, ensemble des poèmes très variés, qu'il a composées dans le cadre de sa fonction de poète de cour et réunis sous le titre «l'Adolescence clémentine»: Ce sont des pièces de circonstances (étrennes, souhaits de bonne année, blasons, complaintes, élégies funèbres, épitaphes) ou encore des pièces composées à l'imitation des genres antiques: épigrammes, où Marot fait excellemment usage de sa verve et son esprit ; églogues (Églogue au roi, 1539) ; mais aussi des élégies et de nombreuses épîtres. Plusieurs d'entre elles sont restées célèbres : l'«Épître à Lyon Jamet», qui contient la fable du Lion et du Rat qui sera reprise par La Fontaine; «l'Épître au roi pour succéder à l'état de son père» (1526), requête habile et fine qui fut couronnée de succès; «Épistre au roy pour le délivrer de prison» (1527), à la suite de sa bataille avec le guet, de son arrestation et de son emprisonnement; enfin, «Épistre au roy pour avoir été dérobé» (1532), peut-être son oeuvre la plus forte, où il raconte le vol dont il fut victime pendant sa maladie, et trace un spirituel portrait de son Gascon de valet, qui l'a réduit à la misère, ainsi que des médecins qui le soignaient; enfin, il sollicite la générosité du roi («Épistre au roy, du temps de son exil à Ferrare», «Épistre au roy pour Marot malade à Paris») avec beaucoup de d'esprit et de grâce et témoignent ainsi de la diversité de son talent et de son habileté à se jouer des contraintes tant formelles que circonstancielles.
Poète savant et élégant comme les sont les auteurs de son temps, Marot sait aussi pratiquer l'humour gaulois et la satire mordante, broder sur le motif traditionnel de l'amour idéalle Temple de Cupidon», «le Partement d'Anne», etc.).
L'Adolescence clémentine a un grand succès dans les milieux lettrés et connait sept éditions successives de 1533 à 1535. Marot compléte le recueil en 1534 avec la «Suite de l'Adolescence clémentine».
Le poète est à l’apogée de son talent, ce qui ne le rend pas pour autant plus sage: toujours suspecté de protestantisme, Marot est de nouveau poursuivi en 1532 et c'est cette fois la reine de Navarre qui s'entremet en sa faveur par son intervention indirecte.
Mais, en 1534, à la Sorbonne, au Parlement, injurieux envers la religion catholique, il apparaît comme compromis dans une affaire de placards: cette affaire des placards qui conduit le roi à l’intransigeance, apeure Marot. Il s’enfuit et court les grandes routes. Arrêté à Bordeaux, condamné par contumance à être brûlé, il s'échappe et se réfugie d’abord à Nérac chez sa protectrice, devenue reine de Navarre, puis passe les Alpes et gagne la cour de la duchesse Renée de Ferrare, fille de Louis XII, qui, acquise aux idées des Réformés, s’intéresse à l’évangélisme et en protège les novateurs.
Mais, en 1536, en butte à l'hostilité du duc de Ferrare, Ercole d'Este, Marot se réfugie à Venise. Durant cet exil Marot écrira des épîtres (voir ci-dessus) pour solliciter l’autorisation de rentrer en France. François Ier le rappelle, mais lui impose, au retour, à Lyon en 1536, une abjuration solennelle. Il fait alors amende honorable et retrouve la faveur royale ainsi que sa vie à la cour. Là, il y retrouve quelques ennemis dont un rimailleur sans talent, François Sagon, envieux petit poète qui le diffamait pendant son absence et qui l’attaque de manière grossière. Il réplique par une admirable satire, pleine de verve et d’esprit, pour le réduire au silence: l’Épître de Fripelipes, valet de Marot, à Sagon, la première satire de la littérature française moderne. La plupart de ses confrères, qui l'imitent à qui mieux mieux, lui font au contraire un triomphe. Et, le poète poursuit la grande oeuvre entreprise à Ferrare, la traduction des Psaumes, publiés en 1541 (la version la plus complète fut publiée en 1543). Mais la traduction du Psaume VI de David accentue à son égard les soupçons d'une Église qui entend garder toute autorité sur les textes sacrés et soulève contre lui une nouvelle tempête religieuse. Cette tentative audacieuse, accentuée par la publication, par Étienne Dolet, de L’Enfer (1542; il s'agit d'une satire des gens de justice, écrite après sa détention au Châtelet; l'auteur y transforme sa prison en une allégorie de l'enfer: les hommes de justice et de police y sont représentés sous la forme de monstres) provoque la colère des autorités religieuses et judiciaires de la Sorbonne qui le condamne.
C’est, de nouveau, l’exil. Il gagne alors Genève (1542), d’abord, chez Calvin. Mais, là encore, il manifeste tant de liberté que cela le rend bientôt suspect aux protestants rigoristes: il doit s’enfuir derechef et passe en Savoie, à Chambéry, puis à Turin. Malgré ses protestations de fidélité au roi et son abjuration du protestantisme, Clément Marot meurt en exil (sans être parvenu à regagner définitivement le soutien de ses protecteurs), malade, dans la pauvreté le 10 septembre 1544, à Turin, où son fidèle ami Lyon Jamet lui fit élever un tombeau dans l'église Saint-Jean. Son importance dans la poésie française n'est pleinement reconnue qu'au XVIIe siècle.
Existence agitée, partagée entre les bonnes grâces du roi, le succès littéraire et la peur, la prison, l’exil. Il s’était marié: de sa vie sentimentale, on ne sait pas grand-chose. Il eut deux enfants dont on perd vite la trace.
Formé à l’école des grands rhétoriqueurs, Marot sait vite s’affranchir de leurs règles, même s’il garde toute sa vie certaines de leurs habitudes, et d’abord une réelle admiration pour le Moyen Âge: il édite une nouvelle traduction du Roman de la Rose (1529) et des poésies de Villon (1532).
Marot s'illustre aussi en traduisant des auteurs latins comme Ovide ou italiens, comme Pétrarque: la Première Bucolique, deux livres des Métamorphoses et le Jugement de Minos de Lucien (qu’il dut traduire sur une traduction). Mais sa connaissance de l’Antiquité reste superficielle: il est loin du savoir de Rabelais et de Ronsard.
Il est venu trop tôt pour suivre les leçons et subir l’influence des grands humanistes, de Guillaume Budé à Dorat. Mais il a du talent, de l’esprit, et du meilleur: cela lui suffit pour laisser une oeuvre inégale, certes, mais très variée, et parfois excellente: il annonce La Fontaine, Voltaire et certains aspects de Musset.
Marot reste donc un disciple des Grands Rhétoriqueurs, quoiqu'il substitue à leur pédantisme la finesse et la légèreté, sous l'influence des auteurs latins, de Boccace et de Pétrarque, et surtout de la cour qu'il fréquente. Aussi est-ce dans les oeuvres légères, comme l'épître et l'épigramme, qu'il faut chercher son originalité et ses mérites les plus grands.
Les classiques l’ont admiré: Boileau et La Bruyère l'évoquent en termes élogieux ; La Fontaine le reconnaît comme son maître ; enfin, Fénelon, puis Voltaire et Rousseau au XVIIIe voient en lui un initiateur de la littérature poétique classique; Cela compte.
Avec lui, la poésie s’est réveillée; il lui a manqué, pour être grand, une personnalité plus marquée. Mais, il reste un poète des plus spirituels. Avec lui, comme avec sa protectrice, commence la Renaissance.

 
Mise à Jour de la page le 11/2001
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