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Oeuvres Poétiques de François Maynard

[1619]
Philandre
Livre I (extrait)

[1646]

Les Oeuvres
Mon âme, il faut partir...
À La Belle Vieille



   
Oeuvres de poètes francophones du XIIe au XXe siècles
 

[1582] - [1646]
François Maynard

«C'est de ses vers qu'il a tiré sa plus grande gloire, comme il le prétendait bien aussi ; et véritablement il faut avouer qu'ils ont une facilité, une clarté, une élégance et un certain tour que peu de personnes sont capables d'imiter.»
Pellisson, Histoire de l'Académie Française (1653).

François Maynard, (son principal biographe n'ayant pas réussi à imposer l'orthographe Mainard), est le fils d'un conseiller au parlement de Toulouse.
Il est reçu avocat, puis, attiré par les lettres, il vient à Paris comme secrétaire de la reine Margot, Marguerite de Valois, dont il corrige les vers, à l'hôtel de Sens, rendez-vous des poètes (1602). C'est alors qu'il aurait écrit le «Philandre», poème pastoral d'authenticité contestée; il rime aussi avec soin des pièces obscènes, selon la mode, et des pièces pieuses.
En 1606-1607, il rencontre à Paris le poète François de Malherbe, dont il devient le fervent «écolier» et conquiert vite une réputation que consacre son ample participation aux Délices de la poésie françoise de 1615.
Marié en 1611, président au présidial d'Aurillac (1611-1628), il séjourne habituellement dans son domaine de Saint-Céré (Lot), mais fait de fréquents séjours à Paris, où il fréquente l'hôtel de Rambouillet, et y a pour amis des poètes plus ou moins libertins, Racan, Desportes, Régnier, Théophile de Viau, Saint-Amant, Colletet, et l'obscur Flotte. Il partage leurs opinions, mais évite de se compromettre.
En 1619, il fait éditer son «Philandre», poème pastoral en cinq chants, en stances de six vers octosyllabes (où une pause est marquée après le troisième vers, selon la recommandation de Malherbe qu'il suit scrupuleusement).
Devenu Conseiller d'État, il est chargé de quelques missions diplomatiques. Assez en faveur auprès de quelques grands personnages qui devinrent ses protecteurs, Cramail, Bassompierre, Montmorency, il inspire à Richelieu une froideur que renforcent ses sollicitations importunes. La charge de Conseiller d'État lui vaut néanmoins d'être anobli en 1644.
En fait d'emploi, il n'obtient rien. Bien qu'élu à l'Académie française dès la fondation de celle-ci, Maynard n'est pas parmi les premiers membres choisis avant le 13 mars 1634; il semble même qu'il soit un de ceux qui attaquèrent tout d'abord l'Académie naissante. Quelle que soit l'époque à laquelle il y est admis, il est certain qu'il la fréquente peu et qu'il est dispensé de la résidence.
Après la mort de Richelieu, sans doute aigri de n'obtenir ni de Séguier ni de Mazarin les pensions qu'il souhaite, il se croit quelque peu persécuté et vit le plus souvent retiré à Saint-Céré, où il aime à recevoir les visites de jeunes poètes (La Fontaine, Pellisson, etc.).
et où l'attachent des deuils (un fils, une fille, sa femme) et la résignation.
En 1646, conscient de la valeur de son oeuvre et peut-être mû par un pressentiment («Je, François Mainard, misérable pécheur, averti par la commune condition des hommes et par l'âge de soixante ans, me prépare à quitter la vie…»), il fait publier un volume de ses poésies, «Les Oeuvres» où sont notamment recueillies des élégies dont les vers harmonieux ont une mélancolie rêveuse, allant parfois jusqu'à la tristesse («À La Belle Vieille», «En attendant la mort»,…).
La même année il meurt après un voyage à Paris.
On conserve aussi de lui un volume de Lettres où il traite des questions de prosodie; ses poésies latines n'ont pas été imprimées.
Appliquant les règles poétiques édictées par son maître Malherbe, Maynard se montre un habile technicien du vers et recherche dans l'ensemble de son oeuvre, qu'elle fût sérieuse ou grivoise, la même perfection formelle. Parfois, il renchérit sur les exigences malherbiennes et rejette les trois quarts de ses pièces isolées. Il imprime une vigueur saisissante ou une douceur mélancolique à de brillantes odes au souffle ample («À La Belle Vieille»; «À Alcipe»), des épigrammes parfaitement ciselées qui ont fait sa gloire, malgré le manque de pointe relevé par Malherbe, et d'autres poésies remarquables comme des épîtresÀ Flotte»), des sonnets, ainsi qu'un long poème pastoral dédié à sa protectrice Marguerite de Valois, Philandre (1619).
S'il fut un poète sérieux proche des jésuites, Maynard écrivit également des poèmes érotiques et libertins, voire blasphématoires, ainsi que des chansons à boire, rassemblées sous le titre les Priapées.
Il sera loué par Voltaire : «On peut le compter parmi ceux qui ont annoncé le siècle de Louis XIV. Il reste de lui un assez grand nombre de vers heureux. »


 
Mise à Jour de la page le 11/2001
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