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Oeuvres Poétiques de Pontus de Tyard

[1549-1555]
Les Erreurs amoureuses
Sonnet



   
Oeuvres de poètes francophones du XIIe au XXe siècles
 
Pontus de Tyard
Pontus de Tyard, gravure du XVIe siècle (détail), BNF.

[1521] - [1605]
Pontus de Tyard

«Or devinez si je suis corps ou ombre.»
Pontus de Tyard, Livre des vers lyriques.

Pontus de Tyard
(ou de Thiard), est né au château de Bissy-sur-Fley, dans une riche famille bourguignonne, qui compte plusieurs hauts dignitaires royaux. Il est destiné dès l'enfance à servir l'Église: protonotaire apostolique en 1553, il devint évêque de Chalon-sur-Saône en 1578.
Poète de l’école lyonnaise, ami intime de Maurice Scève, il marque la transition entre le néo-pétrarquisme de l'école lyonnaise et le lyrisme de la Pléiade à laquelle il appartient.
Il écrivit ses premiers vers vraisemblablement vers 1543, et c'est en 1549 qu'il publie, à Lyon, de manière anonyme, son premier recueil, «Les Erreurs amoureuses», fortement influencé par les poèmes de Pétrarque (qu'il a traduit) et par la Délie, de Scève, et, régulièrement augmentée de plusieurs livres et «continuations» jusqu’en 1555. Cette oeuvre est une longue suite de sonnets pétrarquisants composés de décasyllabes, entrecoupée par des chansons, des épigrammes et des «chants», mesurés ou non; elle est consacrée à la louange d’une maîtresse imaginaire appelée du nom gnostique de Pasithée (la Toute Divine), douée de toute excellence et perfection, en qui certains ont cru reconnaître Louise Labé. Le poète y décrit comment son âme, soutenue par l’idée de Pasithée, s’élève de la beauté physique à la beauté morale, accomplissant cet itinéraire platonicien jusqu’à la contemplation de la Beauté essentielle, au cour de laquelle siège aussi le pur amour.
Mais les procédés de Pontus de Tyard sont trop souvent artificiels: antithèses, périphrases alambiquées, métaphores subtiles et prolongées, allégories obscures, syllogismes, jeux de mots hermétiques; on a pu, à juste titre, qualifier cette virtuosité rhétorique de décadente, sans pouvoir y distinguer ces éclats de baroquisme qui illuminent, par exemple, la langue claire de Desportes.
En 1551, Pontus de Tyard donne un Chant en faveur de quelques excellens poëtes de ce tems; il y réunit dans un seul hommage tous les «divins esprits», à la fois Marot, Mellin de Saint-Gelais, l’école lyonnaise, Ronsard et Du Bellay.
En 1552, il fait paraître une demi-douzaine de grandes odes lyriques, à la prosodie sans défaut, aux images somptueuses, aux thèmes élevés.
Vers 1555, en faveur de Diane de Poitiers, Pontus de Tyard compose Douze Fables de fleuves ou fontaines, série de tableaux allégoriques et voluptueux, dont les sujets sont empruntés à la mythologie gréco-latine.
Désormais, tout en continuant obstinément de grossir Les Erreurs amoureuses, Pontus de Tyard s’associe aux recherches collectives de la Pléiade (v.1560), mais il reste toutefois un peu en marge du groupe, essentiellement en raison de son éloignement de Paris.
Mais, parallèlement à son oeuvre poétique, parce qu’il est préoccupé avant tout de sciences et de philosophie, et peut-être dans le désir de devenir le plus grand des néo-platoniciens français, dont il devint le meilleur représentant, Pontus de Tyard publie, de 1552 à 1558, cinq dialogues en prose, parus d’abord séparément sous le voile de l’anonymat, mais réunis plus tard par l’auteur sous le titre général de Discours philosophiques (1587), et qui consistent en une réflexion sur la connaissance. Ces écrits, d’un esprit vigoureux et cultivé, où le prosateur se montre bien supérieur au poète, traitent respectivement dans Le Solitaire premier (1551), sous la forme d'un dialogue entre Pasithée et Solitaire, de l'inspiration poétique (sorte de «fureur» divine), tandis que le Solitaire second (1552) parle de la musique, le suivant du temps et du calendrier, le quatrième de la divination et de l’astrologie, et que le dernier l'Univers (1557) examine les questions que pose l'Univers du point de vue spirituel et matériel, ce dernier discours constituant un véritable hymne à la science. Très savant, curieux de tout, Pontus de Tyard utilise dans ses oeuvres philosophiques un vocabulaire sobre et précis, afin de faire partager ses connaissances à ses lecteurs.

Nommé en 1553 protonotaire apostolique, Pontus de Tyard mène pendant plusieurs années une vie solitaire, consacrée à l’érudition et à la méditation, dans son château de Bissy en Bourgogne.
Ce n’est que vers 1570 qu’il revient à la poésie; à l’occasion d’un voyage à Paris, il est accueilli comme un admirable précurseur par les néo-pétrarquistes qui fréquentent le salon de la maréchale de Retz. Il dédie à cette «docte et vertueuse damoiselle» l’ensemble de ses Oeuvres poétiques (1573), qu’il a augmentées sous son influence d’un certain nombre de pièces amoureuses et galantes.
Mais c’est uniquement à la religion et à la philosophie que Pontus de Tyard emploie la dernière partie de sa vie. Promu en 1578 évêque de Chalon-sur-Saône, il remplit personnellement et avec sagesse toutes les fonctions de sa charge. En 1589, il obtient de résigner son évêché au profit de Cyrus de Tyard, son neveu, et vit dès lors retiré dans ses terres de Bragny-sur-Saône jusqu’à sa mort.


 
Mise à Jour de la page le 11/2001
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