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Oeuvres Poétiques de Maurice Rollinat

[1883]
Les Névroses
Les martyrs
[1893]
Le Livre de la nature
L'écureuil
[1899]
Paysages et paysans
Le bon fou
[1911]
Les Bêtes
La vache blanche



   
Oeuvres de poètes francophones du XIIe au XXe siècles
 
Maurice Rollinat
Maurice Rollinat, portrait de F. Desmoulin (détail).

[1846] - [1903]
Maurice Rollinat

«Ma chambre est pareille à mon âme,
comme la mort l'est au sommeil :
Au fond de l'âtre, pas de flamme !
A la vitre, pas de soleil !»
Maurice Rollinat à Charles Cros, Les Névroses, La chambre.

Maurice Rollinat, né le 29 décembre 1846 à Châteauroux, fils d'un ancien député de l'Indre, filleul de George Sand, tout en menant une banale carrière administrative, écrit et fréquente les brasseries littéraires parisiennes.
Comme George Sand, – qui nous le décrit comme «un homme de sentiment et d’imagination, fou de poésie, très poète et pas mal fou de lui-même, bon comme un ange, enthousiaste, prodigue…», – Maurice Rollinat écrira sur son terroir avec «Paysages et paysans» (1899) et La Nature (1882).
Il quitte sa ville natale pour Orléans puis Paris qu’il découvre en 1868, à 22 ans. Il trouve un emploi au bureau d’état civil de la mairie du 7ème arrondissement d’où il s’échappe chaque soir versifiant et rejoignant la Bohême parisienne.
Son style évolue, sa sensibilité de même, son inspiration étant de plus en plus marquée par le mouvement symboliste et par l’influence qu'ont Baudelaire, Edgard Poe et Félicien Rops sur lui; sa notoriété parisienne est attachée à ses pittoresques apparitions de poète néo-baudelairien en détresse, aux soirées des Hydropathes dès 1878, puis du Chat Noir dès sa création, en 1881. Dans ces lieux, Maurice Rollinat fascine son public, à la fois par son personnage mais aussi par son talent de poète et de musicien. Il y dit ses poèmes ou les chante en les accompagnant de mélodies qu’il improvise au piano témoin d’un talent reconnu par Gounod, Massenet. Ceux qui l’entendent sont enthousiasmés; Barbey d’Aurevilly dira de lui après une audition: «C’est un jeune homme de gracile élégance, de pâleur plus distinguée que sépulcrale, aux traits fins, beaux et purs, mais tout cela flambe et se transfigure quand il dit ses vers ou qu’il les chante avec cette voix stridente qui semble ne plus sortir des entrailles humaines, et on ne le reconnaît plus...».
Il mettra aussi en musique plusieurs vers de Baudelaire et un texte de Pierre Dupont: Le Bûcheron.
Dès 1877, il publie sans grand succès Dans les Brandes (1877), puis Les Dizaines réalistes.
Poussant jusqu'au cliché les tics littéraires des Décadents, il donne, en 1883, son recueil «Les Névroses» qui lui vaut un éphémère succès (Le Figaro et Sarah Bernhardt se mêlent de le faire connaître) et qui, hormis les titres caractéristiques des cinq parties qui le composent, apporte par son témoignage sur la sensibilité spleennétique qui envahit alors les chapelles littéraires.
Nous l'avons vu, Les Névroses se composent de cinq parties: élévation spirituelle et appel de la chair, extase suscitée par les paysages berrichons et horreur, tels sont les thèmes qui s'opposent deux à deux dans «Les Ames» et «Les Luxures», «Les Refuges», «Les Spectres» et «Les Ténèbres». On retrouve dans cette oeuvre les dominantes de la sensibilité symboliste: goût du vague, du nostalgique, de l’angoisse indécise aux lointaines résonances religieuses, et également goût du macabre.
Puis, plus tard, suivront les oeuvres suivantes: L’Abîme (1886), «Le Livre de la nature» (1893), Les Apparitions (1896), Ce que dit la vie, ce que dit la mort (1898), Paysages et paysans (1899), En errant (1903), puis après sa mort, Ruminations (1904) et «Les Bêtes» (1911).
Idolâtré par les uns, décrié par les autres, est-ce cela ou une «psychose» qui le fragilise, qui le pousse à fuir Paris et à trouver refuge dans sa Creuse natale, près de Nohant, dans le petit vllage de Fresselines?
Une lettre qu’il adresse à Léon Bloy exprime son amertume, ses tendances mélancoliques mais en même temps le grand bien-être ressenti dans sa retraite campagnarde. Cette double tonalité transpire dans ses nombreux poèmes inspirés par la nature et le monde rustique environnant et dans son quotidien où alternent lassitude et enthousiasme et qui le pousse à créer autour de lui une communauté d’artistes composée d'écrivains, de peintres et de poètes.
Il passera alors l’essentiel de son temps dans la Creuse, ne faisant plus que quelques incursions à Paris d’où il reviendra souvent déçu, désabusé. Il vivra ainsi jusqu’à sa mort, le 26 octobre 1903 à la maison de santé d'Ivry-sur-Seine.

 
Mise à Jour de la page le 11/2001
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